Critique de « Monstres » (Mike Kasprzak)

MONSTRES de MIKE KASPRZAK

Des critiques littéraires, des auteurs, des lecteurs nous ont livré leurs premières impressions sur leur lecture du recueil de nouvelles Monstres de Mike Kasprzak.

Chronique de MONSTRES par l’auteur et artiste Will Black Mind :

Tod Browning des temps modernes, Mike KASPRZAK, nous convie à son bal des Freaks avec ce « Monstres » et ses vingt nouvelles. Un monde de décadence, d’excès, bien éloigné des cul-serrés et des bien-pensants, à l’image de la jeune maison qui a osé sauter le pas de la publication d’un auteur en dehors des standards de l’édition. Attention pourtant à ne pas se laisser happer bêtement par le premier niveau de lecture, car la crasse et le vice, nous amènerait bien vite à classer le sieur au rayon pornographie et scatophilie, et à ranger ce livre au fond d’une malle, si ce n’est d’organiser un exorcisme/autodafé, autour d’un barbecue pour la circonstance. Parce que le dégout, le fatalisme, la résignation, mais aussi l’esprit revanchard, guerrier et suffisant transpirent par les pores de tous ses personnages, et en font alternativement des êtres détestables, pitoyables, mais que l’on ne peut s’empêcher de plaindre. C’est une psychologie à géométrie variable, une lecture à tiroir, qui questionne, qui ébranle, nauséeuse et excessive, qui m’a parfois rappelé Pasolini et son Salo. Un parti-pris sans concession, plein de haine, d’humour noir, de stupre et de fornications diverses et violentes qui n’a pourtant rien de gratuit, car derrière les mots, au-delà des lignes, l’auteur nous transporte aux confins de l’humain, dans les noirceurs les plus profondes et en même temps les plus familières. Une projection de ce vers quoi chacun d’entre nous pourrait glisser pour un rien, un malentendu, un désespoir trop tenace, une poisse trop collante, tellement d’actualité. Un tableau qu’il faudrait regarder avec les yeux crevé, tant il est insupportable, un flirt avec la folie, genèse effrayante de proximité, de potentialité. Un premier tir réussi pour les Occultés, et une chronique sans fard et sans vergogne pour l’humanité par un auteur en dehors des sentiers battus et rabattus. A découvrir donc.

Nous vous laissons découvrir le blog bien connu sous le nom de Stalker tenu par Juan Asensio, avec une critique menée d’une main de maître par Grégory Mion :

http://www.juanasensio.com/archive/2014/09/19/le-musee-des-monstres-de-mike-kasprzak-par-gregory-mion.html

« …On a le sentiment d’un arrachement de l’homme à son milieu, d’une jonction poussive et pourtant réussie avec la violence et l’animalisation. Dans n’importe lequel de ces monstres paraît gésir un reptile dévergondé. C’est pourquoi le langage qui triomphe dans ces nouvelles est celui du rugissement (cf. les nombreuses lettres en capitales d’imprimerie), de la haine (les monstres nihilistes qui estiment que ce n’est pas le monde le plus adéquat qui existe) et de la chair exaspérée (les corps dissipés de ne pas avoir été soulagés à propos). Outre donc la monstruosité pathologique incompatible avec les structures normales en usage, Monstres s’appuie aussi sur un verbe ruisselant qui déborde le lecteur et qui le conduit parfois à la suffocation voire à la saturation, un verbe encore volontiers célinien et même rabelaisien compte tenu de sa tendance à accumuler l’excrément et l’invective. Ce sont finalement deux espèces de la monstruosité qui cohabitent dans ce recueil : d’abord l’horreur d’une société qui fabrique des monstres à tour de bras, puis l’infléchissement d’une langue vulgaire qui fait tomber l’humanité en disgrâce… »

Nietzsche académie nous offre également sa vision du recueil :

http://nietzscheacademie.over-blog.com/article-monstres-124659381.html

« La noblesse chez Mike Kasprzak,  est, à l’instar de Céline, dans le style, une écriture écrite avec son sang, une littérature avec des couilles qui regarde la réalité en face, sans fard ni fioritures (Lire la nouvelle «Sûrement une ville comme une autre»). Les Monstres ce sont les hommes modernes (Lire « Docteur Parfait »), les esclaves du travail, du bonheur, sans désir (Lire « Comme moucher la vulve de Dieu »), sans passion ni élan créateur. »

Flynn SFFF : http://flynnsfff.over-blog.com/2014/09/monstres-le-recueil-qui-depeint-les-hommes-tel-qu-ils-sont.html

«…c’est la violence de notre monde que Mike retranscrit dans ces lignes, la violence d’un monde qui se meurt, qui se tue, qui se vomit. Un monde rongé par la corruption, l’injustice, l’individualisme et la malhonnêteté de l’Homme qui le peuple. »

« Monstres est un recueil excellent, provocateur et perturbant, il met mal à l’aise, il nous dégoûte, nous écœure, mais il n’y a pas à chier, c’est une tuerie ! »

Quand Le Tigre Lit : http://www.quandletigrelit.fr/mike-kasprzak-monstres/

« En fait, il m’est apparu que Monstres traitait avant tout de la condition de l’Homme contemporain qui est en dehors d’un système qu’il (au passage) abhorre. Il y a une aliénation marquante des protagonistes qui ne se reconnaissent plus dans ce monde consumériste et souvent attaché à une normalité, normalité vis-à-vis de laquelle s’éloigner est plus que mal vu. Les monstres de l’écrivain le sont-ils réellement dans ce cas ? »

 

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